Carrière de la Roche Blain - Fresney-le-Puceux
Lias - Du Pliensbachien au Toarcien

Dans la carrière de la Roche-Blain, les terrains du Lias, incluant le Pliensbachien et la base du Toarcien, recouvrent directement le Briovérien subvertical. Ils sont visibles au sommet des fronts de taille dans la mesure où ils n’ont pas encore été décapés en vue de l’exploitation du Briovérien ou bien talutés après exploitation.
Une coupe de référence a pu être levée par Xavier Savary en 1996 sur un front de taille aujourd’hui disparu.

Les terrains du Lias, au sommet du front de taille nord
Le Pliensbachien est représenté par la Formation du Calcaire à bélemnites, d’environ 6 m d’épaisseur.
Le Toarcien est représenté par trois formations : la Couche à Tenuicostatum, qui est un dépôt condensé très mince (0,20m d’épaisseur), les Argiles à poissons (0,35m) et le Calcaire à ammonites (2,7m).
Vue prise en 2018

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  Détail des terrains pliensbachiens
Le Pliensbachien débute par des conglomérats et des grès grossiers gris clair surmontés par des calcaires micritiques bioclastiques. Au-dessus, des alternances marno-calcaires fossilifères et bioturbées (à ammonites et bélemnites) passent à des calcaires micritiques bioclastiques massifs. Cet ensemble constitue le premier membre de la Formation du Calcaire à Bélemnites, appelé Calcaire à Cincta numismalis.
Le replat correspond au deuxième membre, les Marnes à bélemnites, marnes noires à bélemnites et pelletoïdes ferrugineux. Au-dessus se développent des bancs calcaires bioclastiques devenant plus massifs et amalgamés constituant le Banc de Roc, troisième membre de la Formation. Ils sont surmontés par la base du Toarcien.
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Le front de taille qui a permis d’établir cette coupe de référence n’existe plus. Les terrains liasiques ont été décapés afin de poursuivre l’exploitation du Briovérien vers l’Est.
Cette coupe levée par J. Savary (1996) a été publiée dans la publication suivante : Dugué O., Fily G., Rioult M. 01/01/1998 Bull. trim. Soc. Géol.Norm. et Amis Muséum du Havre, t. 85, fasc. 2, 132 p. Le Jurassique des Côtes du Calvados. Biostratigraphie, sédimentologie, paléoécologie, paléogéographie et stratigraphie séquentielle.

Le Lias dans le front de taille Est
On peut repérer à mi-hauteur le niveau sombre des Marnes à Bélemnites, deuxième membre de la Formation du Calcaire à bélemnites (Pliensbachien). Il s’intercale entre les calcaires massifs du Calcaire à C.numismalis (premier membre de la Formation) et le Banc de Roc (troisième membre de la Formation). En dessous, le palier suit la surface des premiers dépôts détritiques du Pliensbachien.
Au sommet, du remblai de talutage masque la majeure partie du Toarcien.
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Vue rapprochée sur le front de taille Est
Au-dessus des éboulis qui masquent la base du Pliensbachien, on observe les alternances marno-calcaires, puis les calcaires massifs du premier membre de la Formation du Calcaire à bélemnites. Les Marnes à bélemnites (deuxième membre), plus sombres, leur succèdent . Au-dessus, les bancs calcaires aux limites irrégulières appartiennent au Banc de Roc, troisième membre de la Formation.
Sous le remblai du sommet, le dernier banc calcaire appartient à la base de la Formation du Calcaire à ammonites, d’âge Toarcien. Il surmonte un niveau plus sombre, la Formation des Argiles à poisson, également du Toarcien.
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Détail du front de taille Est
On observe de bas en haut :
-  les alternances marno-calcaires, marquant la fin du premier membre de la Formation du Calcaire à bélemnites,
- le niveau sombre des Marnes à bélemnites correspondant au deuxième membre de la Formation,
- les calcaires de plus en plus massifs et à surfaces irrégulières du Banc de Roc, troisième membre de la Formation.
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Dans ce secteur du front de taille Est, la coupe du Pliensbachien est presque complète. En effet, sous les marno-calcaires, on voit les bancs de calcaires micritiques bioclastiques qui surmontent les grès et conglomérats de la base du Pliensbachien. Ces derniers ont été nivelés pour créer la surface du palier destiné à la circulation des engins de la carrière.
Au sommet de la coupe, la limite supérieure du banc de Roc est bien visible sous la base du Toarcien en partie recouvert de remblai.
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Au pied du front de taille, la plate-forme de décapage a été façonnée par nivellement des premiers bancs du Pliensbachien plus ou moins démantelés par les engins d’exploitation de la carrière et mélangés à des schistes verdâtres du Briovérien. Ces bancs constituent une séquence détritique débutant par un conglomérat et passant à un grès argileux riches en bioclastes. Le conglomérat comble les irrégularités de la surface d’érosion qui tronque les bancs subverticaux du Briovérien.

Ce bloc provient du banc conglomératique de la base du Pliensbachien. Il est constitué de galets roulés et de graviers enrobés dans une matrice argilo-silteuse. Le matériel détritique provient du remaniement d’épandages de cailloutis formés lors de l’érosion des reliefs de la chaîne varisque au Trias supérieur.
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Conglomérat hétérométrique, à matrice riche en bioclastes, issu de la base du Pliensbachien.
Autre bloc contenant des graviers épars et des fragments de coquilles de bivalves noyés dans une matrice argilo-silteuse riche en bioclastes fins.
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Ce gros bloc présente une coupe dans le banc de base du Pliensbachien. La base est indiquée par la pointe du crayon. Un mince lit conglomératique moule les irrégularités de la surface des schistes briovériens, verdâtres et fracturés, visibles sur la face avant du bloc.
Le conglomérat passe à un grès argileux, gris, à graviers épars et à bioclastes abondants. Une passée lumachellique est visible en haut à gauche.
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Détail du lit conglomératique moulant la surface d’érosion
Les galets sont couverts d’un enduit ferrugineux. Le galet à section blanche est un galet quartzeux.
Au-dessus du lit conglomératique, un bloc de substratum briovérien a été remanié dans le sédiment gréseux.
La limite entre le conglomérat et le Briovérien est la surface d’érosion varisque ; c’est aussi la surface de transgression liasique. Au cours du Lias, la mer progresse de l’ENE vers le WSW en contournant les reliefs résiduels de la chaîne varisque pénéplanée ; une plate-forme carbonatée s’établit progressivement.
Au-dessus du conglomérat, la matrice argilo-silteuse est très riche en bioclastes de toutes tailles. L’abondance de bioclastes peut s’expliquer par la proximité des écueils (May-sur-Orne) formés par des barres de grès paléozoïques ayant résisté à l’érosion. Ces écueils abritaient une faune benthique (encrines, brachiopodes) abondante.

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